jeudi 20 juin 2013

Bibliothèque Alexandre de Rhodes & SEDET

De : joseph nguyenducnhua
Objet : hommage d'amitié
Date : 19 juin 2013 09:53:56 HAEC


    Chère famille Langlet-Quach,  
    Je vous prie de bien vouloir recevoir mes profondes condoléances pour la disparition de Philippe Langlet.

De1969-1971, jeune enseignant  je l'avais rencontré avec son admirable épouse Quách Thanh Tâm au Viet Nam en pleine guerre civile, à la Fac des lettres de Saigon ( Đại học văn khoa) et fréquentant ensemble, en chercheurs et artisans de dialogue interculturel et de paix le centre d'Alexandre de Rhodes de Saigon avec les jésuites sinologues, indianistes, vietnamologues tels Yves Raguin, Claude Larre, Đỗ Quang Chính et Hoàng sỹ Quý.  Je l'avais de nouveau côtoyé de 1985 à 2005 comme collègue à l'université Paris 7. Philippe a toujours été non seulement un professeur érudit mais également un enseignant très dévoué à ses étudiants, exigeant et parfois sévère dans la direction des études mais souvent magnanime aux examens. Comme collègue il se montrait toujours serviable et amical, particulièrement lors de la grande conférence internationale sur les Études vietnamiennes à Hà Nội en juillet 1998, pendant laquelle avec son épouse Thanh Tâm ils se sont fait très apprécier des collègues du Vietnam.

Dans les dix dernières années de sa vie  il a mis sa vaste érudition au service du grand dialogue des religions bouddhique et chrétienne, au Việt Nam et en France, notamment avec deux  ouvrages :

La sagesse bouddhiste aux débuts du Viêt Nam Paris, Les Indes savantes, 2012
Un livre des moines bouddhistes dans le Việt Nam d’autrefois : l’école de l’esprit (Thiện tông) aux Xe-XIIe siècles, Paris, Ed. Aquilon, 2005.Langlet, Philippe (rédaction), Dominique de Miscault (expressions graphiques).

      En hommage ultime à Philippe Langlet et Thanh Tâm son épouse, je cite volontiers un très beau passage d'un de ces écrits qui traduit et commente une stance du moine Khuông Việt (1011)  :

  Khuông Việt, texte 13
Sau trước có gì đâu ! Hư không mới nhiệm mầu.
Chân như, bằng hiểu được, Tâm thể, cũng như nhau.
(Au début et à la fin, il n’y a rien [de concevable],
c’est le vide (hư không) mystérieux
Si l’on a bien senti que c’est cela [qui caractérise] la réalité absolue,
on s’aperçoit que tous les organismes sont de même nature)
  Le commentaire méditatif de Philippe Langlet :
"... ayant reçu une formation chrétienne.., je suis tenté de traduire 'không' plutôt par vide
mystérieux, mystère éternel, sans commencement ni fin, aucunement concevable ni
mesurable, hors de tout concept notamment du temps et de l’espace ; et bien sûr sans que
“éternité” signifie une survie personnelle à venir ; pourquoi pas Dieu si le caractère personnel jugé nécessaire ne venait pas le restreindre au cadre de l’existence ? Au fond, en accord avec les anciennes sagesses finalement restées modernes, accepter pieusement d’achever la démarche spirituelle par un point d’interrogation : marcher, approcher sans prétendre arriver puisqu’on ne peut pas concevoir un but."
(in Modernité et proximité du bouddhisme des moines Lettrés vietnamiens sous les premières dynasties (Xe – XIIIe siècles http://chimviet.free.fr).

À Dieu cher ami Philippe, toi qui désormais dans l'éternité avec ton épouse Thanh Tâm approche Hư Khõng ou Dieu.

Nguyễn Đức Nhuận. Retraité. Sociologue.
Ancien directeur de la Bibliothèque d'Alexandre de Rhodes (Saigon) et ex directeur du centre SEDET ( CNRS/Univ.Paris 7)

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